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mercredi 22 mai 2024
PolitiqueAli Laskri, membre de l’Instance présidentielle du FFS : «Le pouvoir empêche la société civile de s’organiser»

Ali Laskri, membre de l’Instance présidentielle du FFS : «Le pouvoir empêche la société civile de s’organiser»

Le membre de l’instance présidentielle du Front des forces socialistes (FFS), Ali Laskri, dénonce les atteintes multiples contre les libertés et l’activité politiques des militants de l’opposition. Dans un discours prononcé hier à l’ouverture de la conférence nationale des élus à Alger, Ali Laskri a affirmé que «le droit à l’autodétermination est nié au peuple algérien, alors que le droit d’avoir des ‘‘droits’’ constitue la raison d’être et la légitimité fondatrice de l’Etat algérien». «Les libertés individuelles et collectives sont violées systématiquement pour éviter tout contre-pouvoir», a-t-il affirmé.

Ali Laskri a souligné que «le pouvoir autoritaire centralisé et policier contrôle le Parlement, la justice, la presse publique et privée, empêche la société civile de s’organiser pacifiquement et entrave par tous les moyens (pressions, intimidations, répression, poursuites judiciaires, licenciement, abus de pouvoir, arrestations de journalistes, emprisonnement de militants politiques, associatifs et des droits de l’homme…) l’action de l’opposition politique». Il estime ainsi que le régime «s’affirme» et «se drape d’une façade démocratique avec un Parlement illégitime qui ternit et met à mal l’image du pays à l’étranger.

La Constitution amendée a mis en place un système présidentiel ne laissant aucune initiative au Parlement».  Ali Laskri, également député, est revenu sur ce qui s’est passé à l’APN et a expliqué la position de son parti qui a boycotté la séance plénière. Il a commencé par dénoncer l’attitude des deux Chambres du Parlement qui, selon lui, n’assureraient pas leur mission constitutionnelles. «Nos parlementaires ont rappelé le 2 juillet 2018 à la clôture de la session parlementaire que, au lieu de présenter le bilan annuel du Parlement et d’évaluer l’année parlementaire dans le domaine de la législation et sur le plan de l’activité parlementaire, notamment le contrôle de l’action de l’Exécutif, les présidents des deux Chambres ont profité de cette tribune pour faire la promotion de réformes ratées, imposées par le pouvoir, loin de tout consensus et hypothéquant l’avenir du pays et des générations futures (hydrocarbures, gaz de schiste, privatisation des entreprises, foncier agricole)», a relevé M. Laskri.

Et d’ajouter que les députés du FFS ont pris la décision de boycotter l’ouverture de la session parlementaire le 3 septembre 2018 pour «dénoncer la mainmise du pouvoir exécutif sur le législatif et la mise en péril de l’avenir du pays et de l’ascension vers une Algérie démocratique et sociale». Ils ont également dénoncé «la majorité usurpée et les gouvernements successifs excellant dans la violation de la Constitution et des lois, et la pratique des coups de force et de la violence». Selon lui, devant les coups de force, la violence et la mise en faillite des institutions, «les parlementaires du FFS, pour une énième fois, ont boycotté la mascarade du 24 octobre 2018». Il rappelle que les députés de son parti ont demandé «une commission d’enquête sur la réapparition des épidémies et des maladies infectieuses et la gestion catastrophique du dossier de l’épidémie du choléra et des concessions du foncier agricole». Ali Laskri a souligné que le FFS lutte pour rendre le pouvoir au peuple. Pour ce faire, il relance son projet de l’élection d’une Assemblée constituante visant à instaurer un Etat de droit démocratique et social. Au plan économique, social, culturel et environnemental, le FFS dit militer «pour assurer un développement durable qui garantisse le progrès social et le bien-être des citoyens».

Abordant la situation interne au FFS, marquée par la radiation d’une députée et la suspension d’un autre, Ali Laskri a affirmé qu’ «il n’y a aucune crise au FFS». «Pour le moment, estime-t-il, notre priorité est la mobilisation politique du parti et de la société.»

Ali Laskri s’appuie ainsi sur le plan d’action du parti après le congrès extraordinaire démocratique qui «a permis aux militants de reprendre confiance en leurs capacités et leur intervention sur le terrain des luttes». Selon lui, les militants ont renoué des liens politiques solides avec la population. «Pour nos adversaires et la police politique, c’est cela qu’il faut détruire, c’est cet élan qu’il faut briser. Au final, seuls les actes et les positions politiques permettent la décantation», a-t-il dénoncé, assurant que le FFS s’est fixé comme tradition de «libérer les débats et de respecter les règles du jeu démocratique». «Il doit respecter et faire respecter sa différence qui est d’éviter les pratiques que nous ne cessons de condamner chez les autres formations qui ont vendu leur âme aux maîtres de l’heure», a-t-il insisté. 

Par Mokrane Ait Ouarabi
Source Journal El Watan

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